Edito : Que le Seigneur du Ciel change ton chagrin en joie !

26 février 2017

Voici l’Edito pour le début du careme.

La grâce du Carême va nous être proposée dans quelques jours. En Eglise, se mettre en route à la suite du Christ pour affronter le mal, cela suppose d’abord de reconnaître l’existence de ce mal. Pas simplement dans ce qu’il y a de flagrant, de massif et de scandaleux à l’extérieur de nous-mêmes. L’observation du monde actuel n’a pas besoin d’un œil d’expert pour constater son délabrement avancé. Le déchaînement de la violence, les tensions de toutes sortes, la virulence dans les attaques, la recherche de bouc émissaire pour justifier telle ou telle situation socio politique difficile ; tous ces relents de haine et de colère nous montrent que Le mal est là présent. Mais il faut aller plus loin.
En effet, les chrétiens qui entrent en carême ne viennent pas ajouter des voix supplémentaires au chœur cacophonique des jérémiades qui à travers medias et conversations privées s’imposent comme l’unique réaction possible. Le chrétien qui entre en Carême voudrait attaquer la racine du mal. Et cette racine se trouve en chacun. Voilà ce qu’on entend peu. Voilà ce qu’on ne voit jamais.
Dans notre monde, chacun est un accusateur, innocente victime de la
malice des autres. En fait la réalité est plus complexe. Jésus dira aux accusateurs érigés en censeurs supérieurs et extérieurs : « Que celui qui est sans péché lui jete la première pierre. » Jn 8,7
Le mal est en chacun de nous et nous entrons en carême pour l’expurger, avec l’avantage de ceux qui vont au combat en étant certains de remporter la victoire. Voila pourquoi ce chemin de carême prend cette année dans notre secteur paroissial la forme d’un désir, d’une prière. « Que le Seigneur du ciel change ton chagrin en joie » Tb 7, 17 Le mal en nous est à l’origine de notre chagrin et du déferlement du mal dans notre monde. Vers où nous tourner pour nous libérer de cette gangue ténébreuse qui nous enserre et nous oppresse ? Où aller quand plus aucune proposition, plus aucun projet, plus aucun idéal ne nous enthousiasme ? Nous entrons en Carême pour qu’avec la grâce et notre libre désir notre soif soit étanchée, pour qu’avec Jésus nous résistions à la tentation et que les yeux dessillés, nous puissions contempler le Christ transfiguré qui nous invite sur le chemin de la croix, vers la Résurrection.

Père Pascal Molemb Emock, curé