Edito : Saint Gens, notre repère

14 mai 2017

Quelques trombes de pluie successives ont rafraichi les sols et la végétation ces jours derniers. Mais le soleil du mois de mai, timide et doux est là. Il va grimper en puissance, et bientôt les canicules estivales vont nous pousser à la recherche d’oasis de fraîcheur.
A Monteux, nous nous tournons vers Saint Gens. Il est venu, le temps du grand pèlerinage qui lui est dédié. C’est une halte très importante pour toute la ville. Des gestes immémoriaux sont reproduits. Les pèlerins, remplis d’une émotion venue du fond des âges, qui à pied, qui à cheval, en calèche ou à vélo s’élancent sur la route pour rejoindre la terre du Beaucet. Terre sanctifiée, rendue sacrée par la fidélité à Dieu d’un jeune ermite dont Monteux se glorifie.
A Monteux et dans toute la Provence, Saint Gens est un repère. Il s’appelle Gens Bournarel ; c’est un nom d’ici. On sait à peu près où il a vécu. En cherchant bien on pourrait encore trouver des descendants de sa famille. Sa figure ramène à une histoire multiséculaire, à des traditions bien ancrées, à un mode de vie. C’est pourquoi il est un repère, car à partir de lui on s’inscrit dans un passé que nous n’avons pas vécu tout en nous projetant dans un avenir que nous avons à construire avec les options prise au présent. Sans repère, c’est une tâche difficile. Mais le nom de Gens est précédé du titre Saint. Cela veut dire qu’il a été reçu dans la joie éternelle de Dieu, qu’ il a accompli durant sa brève existence un itinéraire spirituel qui fait de lui un modèle à suivre pour les hommes de tous les temps. Sa sainteté est aussi un repère et l’église nous invite tous à le suivre.
La marche annuelle vers son ermitage est une parabole de la marche de toute l’existence en direction du Paradis.
Alors que nous célébrons ce samedi 13 mai 2017 le centenaire de la première apparition de Notre mère Marie aux petits bergers de la Cova da Iria, Il serait bon de cultiver le désir du ciel. Celui-là même qui porta Gens à prendre tant de risques. L’accès au ciel passe par des sacrifices, l’acceptation de la croix à travers des épreuves et des humiliations comme celle de se reconnaître et de s’affirmer comme chrétien même là où cela n’est pas valorisé et malgré la tentation du conformisme social si prégnant de nos jours. Gens nous y aide. Sans soutien aucun, il a écouté la voix intérieure de son divin Maître.
La déconstruction des repères est relativement bien avancée en France. Les désordres sociaux que nous observons en sont la conséquence. Saint Gens résiste. Qu’il soit pour nous aujourd’hui l’étoile qui nous conduit au Christ, unique chemin, vérité et vie.

Père Pascal Molemb Emock, curé.