Edito : Tu nous as choisis pour servir en ta présence

10 juillet 2017

Le sentiment qui m’habite en ce moment est celui d’une immense action de grâce au bout de six années passées à servir l’Eglise à Monteux et Althen des Paluds.
Cette action de grâce est encore plus intense car elle coïncide avec la dixième année de mon ordination sacerdotale. Quel privilège de servir le Seigneur comme prêtre dans son Eglise pour nos frères et avec nos frères ?
Les mots de la deuxième prière eucharistique nous rappellent constamment que la possibilité de servir est une faveur imméritée que Dieu nous accorde ; c’est pourquoi nous lui rendons grâce, « car il nous a choisis pour servir en sa présence. »
Le Dieu tout-puissant nous permet d’être à son service. Il se rend nécessiteux de nous, Il se rend dépendant de nous pour être présent et agissant au milieu de son peuple, pour se donner comme nourriture de vie.
Envoyé à Monteux et à Althen en 2011, je me prépare à quitter ces deux paroisses, heureux d’y avoir vécu au nom du Seigneur. Je m’en vais en restant ; enrichi de toutes les rencontres et de tous les moments partagés. Le fruit principal de ces années se trouve dans cette rencontre avec une communauté chrétienne qui m’a accueillie et intégrée dans son histoire.
On se trompe en croyant que la transformation du monde ou de l’Eglise découlera d’une action humaine. En réalité, C’est l’Esprit Saint qui conduit l’Eglise et le mieux que nous avons à faire c’est de lui faciliter la tâche en ne lui mettant pas trop d’obstacle par notre médiocrité, nos critères partiels et partiaux, nos limites, nos blessures et notre péché. Voilà le chemin que j’ai essayé de suivre durant ces années, et je laisse l’ultime mot à la bienveillante indulgence de tous et à la miséricorde divine.
En venant chez vous, et c’est aussi un motif de grande fierté, je me suis inscrit de manière définitive et irrévocable dans une histoire qui me précède de loin. Je pense à tous ces prêtres qui se sont succédé comme curés de Monteux depuis le XIIIe siècle et comme curés d’Althen des Paluds depuis la fondation de cette paroisse au XIXe . Je voudrais citer nommément pour leur rendre hommage mes prédécesseurs immédiats, les PP Daviu, Langello, Mathis, Goulé. Je voudrais aussi mentionner ici les diacres Andreani et Munoz qui avec l’appui de leurs épouses, Odile et Nathalie, sont dans nos paroisses le visage du Christ-Serviteur.
Durant ces six années, nous avons reçu des points d’appui de la part de l’Eglise. Pensez à l’année du jubilé de Notre Dame des Doms en 2011, l’année de la foi en 2012, et au tout récent jubilé de la Miséricorde Divine. C’est un véritable itinéraire personnel et communautaire qui nous a été ainsi offert. Sous le regard de Marie et à son image, ancrer nos existences dans la foi en Dieu un et Trine qui est la foi de l’Eglise, pour répandre la joie de l’Evangile et accomplir pour notre monde toutes les œuvres de miséricorde. La mission paroissiale de mai-juin 2014 nous a indiqué la soif haletante du monde qui attend que nous lui révélions le don de Dieu.
L’idéal évangélique continue de nourrir le monde et de le féconder. La Parole qui créa toute chose continue de recréer le monde, de remodeler chaque personne, de polir et de parfaire la splendeur sponsale de l’Eglise corps du Christ.
En quittant ces paroisses où j’ai plus reçu que donné, car en donnant au nom du Seigneur on reçoit encore plus, dans la circularité d’un mouvement toujours plus enrichissant, je veux rester dans la conscience du serviteur inutile. Nous passons. Tout passe, et nos présences, nos situations terrestres passent elles aussi. Seul demeure ce qui porte la marque de l’éternité. La joie partagée, l’épreuve accueillie dans la foi, l’espérance qui féconde en germination de vie, le don de soi dans la charité qui échappe aux quantifications de notre monde et dont la lumière irradie l’histoire des hommes. Six ans c’est un petit moment dans nos paroisses.
Mais tout instant effleuré par l’Esprit s’affranchit du temps.

Père Pascal Molemb Emock, curé.