Edito : Vient Esprit Saint

28 mai 2017

Dans le cycle de Pâques, la fête de l’Ascension précède de dix jours celle de la pentecôte. Puis, commence le temps ordinaire. Le cierge Pascal est normalement installé dans le baptistère et il n’est plus rallumé qu’à l’occasion des baptêmes et des funérailles, moments cruciaux dans la vie des chrétiens où le mystère pascal est initié et rappelé.
Ces dix jours sont déterminants pour la vie chrétienne jusqu’à la fin des temps. Les apôtres qui ont vu Jésus disparaître de leurs yeux sont un peu désemparés. Tout d’un coup, Ils se retrouvent seuls. Le Maître qui leur donnait force et courage, celui qui était à la tête de leur cortège n’est plus là.
Toutefois, ce désarroi n’est pas le même que celui du soir du vendredi Saint. Aucun d’entre eux ne retourne à sa vie d’avant. Même s’ils font l’expérience amère de la séparation, une joie parcourt la profondeur de leurs êtres. Autant le vendredi Saint était le triomphe de l’injustice, la défaite de l’amour et de la miséricorde, autant au jour de l’Ascension après quarante jours d’expérience de rencontre avec le Ressuscité, ils ont compris que ce vendredi Saint n’était qu’un moment. C’était un passage. Un passage obligé, car « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »
Tout est différent pour eux. Ils sont désarmés face à la mission qui leur est confiée mais ils savent qu’il est là. Il est vivant. Il est vraiment ressuscité. Alors ils s’abîment dans la prière. Ils s’enferment mais ils attendent. Ils l’attendent, le Paraclet, celui qui leur dévoilerait tout.
L’Eglise doit toujours revenir à ce moment crucial. Entre Ascension et Pentecôte, pour réclamer l’Esprit Saint, pour demander l’effusion qui transforme les cœurs et les communautés, et qui nous lance aujourd’hui sur les chemins de la nouvelle évangélisation. Nous ne demandons pas assez l’Esprit Saint. Or sans lui, il est impossible que l’Eglise réalise sa mission. Tout ce que nous vivons comme impossibilité est lié à un « déficit d’Esprit Saint ». C’est parce que nous ne lui laissons pas assez de place, c’est parce que nous ne l’invoquons pas assez, c’est parce que nous faisons encore trop confiance à nos habitudes, nos coutumes, nos petites trouvailles. L’Eglise a besoin de ses membres surtout lorsqu’ils se laissent conduire par l’ESPRIT SAINT. Alors elle vit une Pentecôte permanente par laquelle se multiplient les conversions car la sobre ivresse de l’Esprit Saint habite les cœurs qui ne se lassent pas de répandre l’amour dont ils vivent.

Père Pascal Molemb Emock, curé