Un bienheureux de chez nous !

30 janvier 2017

A l’occasion de la première fête du bienheureux Père Marie-Eugène le 4 Février, voici un petit texte sur la vie du Bienheureux.

Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus. Voilà un homme dont on peut dire que Dieu a posé son regard sur lui dès le berceau. Mais les épreuves aussi. Il perdra son père très jeune, participera aux affres de la Première Guerre mondiale et un cancer l’emportera en 1967. Les souffrances du corps, il connaît.

Mais c’est aussi la grâce qui le touchera. Il naîtra dans une famille aimante et se dira avoir été pétri d’amour. L’enfance de ce champion de jeu de billes, bien que pauvre, sera heureuse. Lors des combats de la Première Guerre mondiale, une balle qui aurait dû l’emporter ricocha sur un livre de Thérèse de l’Enfant-Jésus, épargnant ainsi le sergent Henri Grialou. Ordonné prêtre le 4 février 1922, il sera un père spirituel, mais il supportera aussi de lourdes responsabilités dans la direction des hommes. Il sera par exemple vicaire général de l’Ordre du Carmel. Il fondera l’Institut Notre-Dame de Vie avec sœur Marie Pila, dont l’œuvre rayonne encore aujourd’hui partout dans le monde, en Occident comme en Orient. Il alternera toute sa vie entre l’action et la contemplation. Homme énergique, il puisera sa force dans la prière. Que fait-il quand la charge de travail devient trop lourde ? Il prie davantage. Il écrira que « le temps perdu dans l’oraison est retrouvé par l’intensité du travail que l’on fournit." (Au souffle de l’Esprit p.146)

Pourquoi est-il reconnu bienheureux ? Parce-que Père Marie-Eugène est un exemple, celui d’une personne vivant en Christ en toutes circonstances. Il n’avait pas une foi de confort, mais une foi puissante. Il écrira d’ailleurs à un ami, « tout à toi en Notre Seigneur ». Il nous invite, à l’image de cette citation, à vivre en Christ. Il faut reconnaître que vivre en Dieu est contraignant. Mais c’est une contrainte libératrice. Certes, il faut aimer, prier, ne pas tromper, lire la Bible, aller à la messe, passer l’épreuve de la confession, aider plus malheureux que soit… Nous ne pouvons pas nier le caractère contraignant de notre religion. Mais ce sont autant de contraintes qui nous rapprochent de notre humanité, parce-ce que cela plaît à Dieu. Accomplir des rêves matérialistes et végéter devant la télévision en regardant je ne sais quelle émission de mauvais goût, cela demande certes moins d’efforts. Mais ce n’est pas cela qui nous conduira vers le bonheur. Voilà à quoi nous invite Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, à une foi courageuse ! Certains, en ces temps de campagne électorale, parlent « d’identité heureuse ». Père Marie-Eugène, lui, nous invite à une foi heureuse !

Voilà que cet homme est élevé au rang de Bienheureux ! Prions pour que sa sainteté rayonne sur tout le Comtat Venaissin, et bien au-delà. Venasque, petit village de Provence, rayonnera, car Père Marie-Eugène est reconnu bienheureux ! Un bienheureux à portée de main. Un bienheureux de chez nous.

NB : Merci à Françoise-Emmanuelle Doron pour son ouvrage éclairant ainsi qu’à l’Institut Notre-Dame de Vie.

Guillaume Tellene