Pélerinage de Saint Gens

8 octobre 2015

Chaque année, depuis 2004 dix jeunes Montiliens sont choisis par la Confrérie de Saint-Gens, en qualité de porteurs. Ce sont les SANTGENAIRES. Les Fils des membres de la Confrérie et des anciens porteurs sont prioritaires.

Le samedi de la fête, huit d’entre eux accomplissent le parcours qui sépare MONTEUX de l’ermitage, de 18 kilomètres.
Ils quittent la cité vers 18 heures. Les quatre plus jeunes ont de 12 à 14 ans. Ils portent une croix très longue, légère et fleurie à son extrémité, appelée la "bannière" ou "bandiero" en Provençal. Cette croix représente les petits sacrifices que les jeunes sont capables de faire à la suite de Saint-Gens. Ce sont eux qui ouvrent le cortège, précédés par un cavalier.
Derrière, partent les quatre porteurs du Saint, qui ont entre 16 et 18 ans et qui amènent la statue, fixée sur un brancard, à la Valsainte. Ils sont équipés de bretelles et portent, deux par deux, en se relayant le long du chemin. Ils sont également précédés d’un cavalier. Ils arrivent à l’ermitage vers 21 heures. Accueillis par le chapelain et le gardien de l’ermitage, ils assistent au Salut du Saint-Sacrement dans le sanctuaire.

Le lendemain, dimanche, au petit matin, deux autres Santgénaires, qui ont entre 18 et 20 ans, portent une lourde croix, en courant jusqu’à l’ermitage. Ce sont les porteurs du Christ, précédés eux aussi, par un cavalier. Ils portent, comme le Christ, le poids de nos péchés.Avant leur départ, comme leurs huit collègues de la veille, ils reçoivent la bénédiction de Monsieur le Curé de Monteux.

Les dix porteurs sont vêtus d’une chemise blanche, d’un pantalon beige et d’un bonnet jaune et blanc aux couleurs pontificales, selon la tradition.
Le dimanche matin est célébrée au sanctuaire de l’ermitage, une messe festive, à l’issue de laquelle les reliques de Saint-Gens sont vénérées par les pèlerins.

Le dimanche après-midi, les trois groupes de porteurs repartent en direction de Monteux, entraînant derrière eux, une cohorte d’attelages hippomobiles, qui les accompagnent au retour comme à l’aller, précédés d’une calèche dans laquelle prennent place le Maire et le Curé de Monteux, ainsi que le Président de la Confrérie .

Ce cortège est accueilli dans notre cité, vers 18 heures, sous les acclamations et les cris de joie des Montiliens.
L’arrivée avait lieu, jusqu’en 1850, à la chapelle Saint-Raphaël, route de Pernes, puis, de cette date à 1865, à la chapelle Notre-Dame, et de 1865 à 1906, à la chapelle Saint-François, démolie à cette époque. Ensuite, durant plusieurs années, l’habitude fut prise de s’arrêter près de l’entrée de la propriété de M. Mourgeon, aujourd’hui place Béraud.
Ce n’est qu’en 1920 que l’arrivée fut, de nouveau, fixée à la chapelle Notre-Dame.

Après une demi-heure de repos, porteurs et fidèles se rendent à l’église en procession pour assister au Salut du Saint-Sacrement et écouter le traditionnel panégyrique du Saint, en provençal.
Le soir à 22 heures, la statue du Portail Neuf, abondamment fleurie, est embrasée par un magnifique feu d’artifice sous les clameurs de la foule et le chant du cantique traditionnel.

Le lendemain matin, une messe d’action de grâce est célébrée à 10 heures, à l’église de MONTEUX, par Monsieur le Curé.
Puis, les porteurs, cavaliers et confrères vont se recueillir au cimetière sur le mémorial aux SANTGENAIRES défunts. Ils sont ensuite reçus, vers midi, à l’Hôtel-de-ville par le Maire et son Conseil Municipal.

 Significations et origines

Ce rituel ancestral commémore la fuite de Saint-Gens, chassé par ses compatriotes, et son retour triomphal dans son pays natal, qui lui témoigne, alors, reconnaissance et vénération.
Selon un manuscrit de Claude Chauvet, archiviste départemental (1835-1891), les premières processions eurent lieu quelques années après sa mort, vers 1150, sous la forme d’une marche sacrée regroupant de très nombreux Montliens et Montiliennes, qui accomplissaient à pied ces 18 kilomètres.
Le pèlerinage, sous sa forme actuelle, date, selon le même manuscrit, de 1671, date à laquelle fut fondée la confrérie de Saint-Gens à MONTEUX, dont les statuts furent déposés en 1677.
Le cérémonial était le même qu’aujourd’hui, avec la différence qu’on ne portait, alors, que la bannière et la statue qui n’était, à l’époque, qu’un buste.
En effet, une délibération du conseil Municipal de MONTEUX du 16 juin 1777 avait décidé que " le buste de Saint-Gens sortirait, désormais, une année de la porte d’Avignon, la suivante de la porte-neuve"
La statue, telle qu’on la porte, aujourd’hui, a dû être réalisée vers 1800, probablement en 1817, année de la reprise officielle du culte.
Le texte de Claude Chauvet précise :
« La Confrérie, canoniquement érigée dans l’église de MONTEUX, fit faire une statue (buste) de son Saint-patron pour être portée aux processions. Les prieurs voulant imiter la course que fit Saint-Gens lorsqu’il échappa des bras de sa mère, organisèrent la course qui a lieu encore, aujourd’hui, le 16 Mai. L’usage de faire courir la croix des Pénitents ne date que du rétablissement du culte »
Il faut savoir que le pèlerinage de Saint-Gens fut aboli par un arrêté du district de l’Ouvèze du 2 Mai 1792 et ne fut rétabli officiellement que par une délibération du Conseil Municipal de Monteux du 30 Juin 1816.
Toutefois, le Saint n’a jamais cessé, durant cette période de 25 ans, d’être acheminé, par divers moyens, à l’ermitage.
Telles sont la vie et l’histoire de notre Grand Saint-Gens qui protège le Comtat et la Provence et qui accomplit tant de miracles depuis 9 siècles, la célébration de sa fête à MONTEUX, ainsi que la signification et les origines de notre tradition.
La source miraculeuse guérit les malades et les affligés : guérison de l’âme et du corps.
Une multitude d’ex-voto l’atteste dans le sanctuaire de l’ermitage.
Saint-Gens n’a jamais cessé, au fil des siècles, de faire tomber des pluies de grâces et de bienfaits sur ceux qui l’invoquent.

Contact : Patrick Clément tel.06.48.22.99.50 Email : patrick.clement84@orange.fr